MAISON
INTERGÉNÉRATIONNELLE
POINTS DE VUE SUR UNE UNION
Par Danielle Goulet
Opter d’habiter une maison intergénérationnelle (bi-génération)
avec vos proches correspond, en gros, à choisir une union où des éléments
d’intimité et des aspects légaux et financiers doivent être résolument
considérés.
UNE HISTOIRE DE FAMILLE
Toutes les histoires de maison intergénérationnelle ne sont
pas liées au vieillissement de la population et au départ tardif des jeunes
adultes de la maison. Elles parlent cependant toutes de rapprochement, de
sécurité et de partage. Bien que ce ne soit pas qu’une affaire de coeur,
celui-ci amorce souvent la démarche.
C’est effectivement ce qui est arrivé à Suzanne, Bianca et
Richard. Suzanne, attristée du départ en région de sa fille Bianca et de sa
famille, s’est vue offrir ce type de projet. « On a une proposition à te faire
», de dire Bianca. Et de là, la discussion s’est prolongée sur les besoins
d’intimité et d’autonomie de chacun. Tout a été discuté : question de
propriété, détails de construction, ce qui sera partagé et aussi « l’après ». «
Qu’arrivera-t-il si je tombais malade et que j’avais besoin de retirer mes
fonds ? », interroge Suzanne. Ainsi, au-delà des sentiments, ceux qui
s’engagent dans un projet de ce genre ne devraient pas négliger l’aspect
contractuel. Comme pour une union, il vaut mieux prévoir ces choses que de les
laisser aux aléas du futur.

CONSEILS ET CRÉATIVITÉ
« Les besoins de chaque famille diffèrent, alors nous avons
une approche sur mesure pour ces projets », commente Jean- François Voyer, de
Construction Voyer, à Laval. Le processus de création d’une maison
intergénérationnelle doit prendre en considération de nombreux éléments dont
les réglementations municipales, le terrain choisi et les demandes des clients.
Une seule porte d’entrée extérieure est requise par la municipalité ? Créons un
vestibule avec deux portes intérieures donnant accès à chaque espace. Des zones
habitables complètement séparées ou communes? Des systèmes de chauffage et
climatisation, des entrées électriques, des systèmes d’alarme partagés ou
individuels ? Des escaliers ? Des balcons communs ? Que dire aussi des besoins
d’insonorisation ? Les possibilités sont multiples. « Nous abordons ces mandats
avec beaucoup de créativité et nous avons beaucoup de plaisir à les réaliser.
Ce sont de beaux projets et, heureusement, nous en verrons de plus en plus»,
conclut-il.
DES RÉGLEMENTATIONS DIVERSES
Depuis 1998, la Loi de l’aménagement et de l’urbanisme a été
modifiée pour permettre la construction de maisons intergénérationnelles.
Depuis, la majorité des municipalités du Québec ont adopté des règlements
encadrant ce type de construction. Toutefois ces règlements varient selon les
municipalités : certaines limitent la superficie de l’espace secondaire en
pourcentage de l’espace principal ou autorisent des entrées distinctes pour les
deux unités; d’autres exigent que certaines aires, comme la cuisine, soient
communes. Il importe donc de valider quels règlements s’appliquent dans votre
municipalité avant de trop cheminer dans la réalisation de votre projet.
Les histoires heureuses sont multiples, mais chacune doit son
succès à un processus de planification élaboré où la communication,
l’information et le choix de professionnels de confiance, en mesure de vous
conseiller judicieusement, sont garants de réussite. Songez-y !
Source : Le Répertoire de la
maison neuve et de la rénovation au Québec 2008 - APCHQ
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