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LA MAISON PLAIN-PIED
TOUJOURS POPULAIRE
Par Patrick Benoît


Jouissant souvent d’une mauvaise réputation et délaissée quelque peu durant les années 90, la maison de plain-pied, communément appelée « bungalow », est toujours bien populaire au Québec.

UNE QUESTION DE BUDGET
La maison de plain-pied effectue un retour remarqué dans le domaine de la maison neuve depuis environ deux ans. C’est régulièrement pour une question de budget que le «bungalow» est choisi. En 2006, le prix moyen des maisons neuves jumelées était légèrement moins élevé que celles en rangées (160 747 $ comparativement à 173 018 $), alors que les acheteurs de maisons détachées déboursaient en moyenne 200 619 $. Mais les maisons de plain-pied (168 528 $) étaient moins dispendieuses que les maisons à deux étages (228 438 $) ou à paliers (179 545$).¹

Bien que plusieurs maisons de plain-pied luxueuses soient réalisées, c’est le « bungalow standard » (26 x 38 pi ou 26 x 40pi) qui a la cote auprès des acheteurs qui accèdent à la propriété pour la première fois. À surface égale, quand la superficie de 1 200 pi² est dépassée, cela devient plus cher de construire une maison de plain-pied qu’une maison à deux étages parce que les fondations et le toit sont de plus grandes dimensions, ce qui influence le prix de l’habitation. Un cottage de 1 600 pi² est plus économique qu’un plain-pied de même dimension, mais lorsque le sous-sol du « bungalow » est fini, un « bungalow » de 1 000 pi² procure une aire habitable de 2 000 pi², ce qui est tout de même appréciable.

À L’EXTÉRIEUR DES GRANDS CENTRES URBAINS
Puisque le «bungalow» requiert une plus grande superficie au sol que la maison à deux étages, il se concentre surtout à l’extérieur des centres urbains. Dans les villes, les terrains sont rares et les lots sont étroits, mettant de côté la possibilité d’y construire une maison de plain-pied. Plus on s’éloigne des grandes agglomérations, plus les terrains sont grands et accessibles.

En 2002, sur une base régionale, des différences significatives ressortent de l’examen des parts de marché de chacun des types de bâtiment. Dans la région métropolitaine de recensement* (RMR) de Montréal, la maison à deux étages accapare les trois quarts (77 %) du marché de la maison individuelle. Pour ce qui est des autres RMR de la province, ainsi que des territoires hors RMR, les parts respectives sont de 56 % et 52 %. De son côté, la maison de plain-pied est le choix de 18 % des acheteurs de la RMR de Montréal, de 32 % des acheteurs des autres RMR et de 42 % des acheteurs habitant à l’extérieur des RMR. Plus on se rapproche des centres urbains, plus la maison à deux étages domine au détriment de la maison de plain-pied.

LES ACHETEURS, QUI SONT-ILS?
Le noyau des acheteurs se compose surtout de gens qui accèdent pour la première fois à la propriété et d’acheteurs expérimentés.

Les premiers acheteurs, majoritairement des jeunes familles, recherchent ce type d’habitation souvent pour son prix abordable mais aussi pour avoir la marmaille à l’oeil plus facilement. Les expérimentés n’en sont pas à leur premier investissement, mais à leur troisième ou quatrième. Ce sont souvent des personnes à la retraite ou près de l’être, qui possédaient une maison à deux étages devenue trop grande et qui ne désirent plus avoir d’escaliers à monter et à descendre.

Au milieu du noyau, on retrouve beaucoup de professionnels qui avaient une très grande maison à deux étages. Devenue trop grande, à cause du départ des enfants de la maison familiale ou parce qu’ils ne désirent plus avoir différents niveaux, ils optent pour de grands « bungalows », le facteur budgétaire n’étant pas déterminant dans leur choix. Ils préfèrent une habitation luxueuse qui répond adéquatement à leurs besoins, mais plus petite que ce qu’ils détenaient auparavant et sur un seul niveau.

DES AVANTAGES ET DES BESOINS
Outre le fait que tout est sur un même étage, la maison de plain-pied a l’avantage d’offrir une meilleure luminosité grâce à une plus grande fenestration car le nombre de pieds linéaires de mur est plus grand que dans une maison à deux étages. Les grandes fenêtres, autant dans les chambres que dans les pièces communes, sont donc très nombreuses.

L’entrée fermée (vestibule) et l’aire ouverte sont recherchées. Cuisine, salle à manger et salon sans divisions apparentes favorise l’entrée de lumière. Le plafond cathédral, qui est de plus en plus populaire, donne un aspect de grandeur à l’ensemble.

Les premiers acquéreurs demandent principalement une habitation ayant deux chambres à coucher, une salle de bain et une base de plomberie au sous-sol afin d’y aménager éventuellement une seconde salle de bain plus luxueuse que celle de l’étage. Du côté des acheteurs expérimentés, la tendance est plutôt à une seule chambre à coucher. Cela permet d’obtenir une très grande pièce agrémentée d’une penderie et d’une grande salle de bain contiguë avec bain sur podium et douche séparée. La buanderie est placée au rez-de-chaussée, évitant aux occupants de descendre au sous-sol.

LE SOUS-SOL
Bien que la plupart des sous-sols sont semi-finis (l’isolant des murs de fondation est recouvert de panneaux de gypse), la qualité de l’isolation et de la ventilation fait que les acheteurs choisissent d’y installer au moins une pièce complètement finie, régulièrement une chambre, et une salle de bain.

ET LE GARAGE…
Qui dit « bungalow » dit souvent garage. Celui-ci est toujours aussi apprécié car, en plus de sa fonction usuelle, il procure un espace de rangement supplémentaire ou un endroit pour y aménager un établi. Le garage peut être au niveau du sous-sol mais la plupart ont un garage au niveau de la rue.


Source : Le Répertoire de la maison neuve et de la rénovation au Québec 2008 - APCHQ

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